# Quelle inclinaison idéale pour un panneau solaire thermique ?

L’installation de panneaux solaires thermiques représente un investissement significatif pour votre habitat, et chaque détail technique compte pour maximiser votre retour sur investissement. Parmi tous les paramètres à considérer, l’angle d’inclinaison des capteurs solaires thermiques se révèle être l’un des facteurs les plus déterminants pour optimiser la production d’eau chaude sanitaire et de chauffage. Une inclinaison mal calculée peut réduire vos performances énergétiques de 10 à 30%, transformant une installation potentiellement rentable en un projet décevant. Les professionnels certifiés QualiSol le confirment : l’angle optimal varie considérablement selon votre localisation géographique, l’usage prévu et les contraintes architecturales de votre toiture. Comprendre ces subtilités techniques vous permettra de prendre des décisions éclairées et d’éviter les erreurs coûteuses qui affectent malheureusement encore de nombreuses installations en France.

Les fondamentaux de l’angle d’inclinaison pour capteurs solaires thermiques

Définition de l’angle d’inclinaison et de l’azimut pour l’optimisation solaire

L’angle d’inclinaison d’un panneau solaire thermique correspond à la mesure en degrés entre le plan du capteur et l’horizontale du sol. Un panneau posé à plat présente une inclinaison de 0°, tandis qu’un capteur vertical affiche 90°. L’azimut, quant à lui, désigne l’orientation du panneau par rapport au sud géographique : 0° pour le plein sud, valeur idéale pour l’hémisphère nord, tandis que des valeurs négatives indiquent une orientation vers l’est et positives vers l’ouest. Ces deux paramètres fonctionnent en synergie pour déterminer la quantité de rayonnement solaire direct que vos capteurs peuvent intercepter tout au long de l’année.

La combinaison optimale de ces deux paramètres permet de maximiser l’irradiation globale reçue par la surface active du capteur. Pour la France métropolitaine, les études menées par l’INES (Institut National de l’Énergie Solaire) démontrent qu’une orientation plein sud avec une inclinaison entre 40° et 60° offre généralement les meilleurs rendements annuels. Cependant, ces valeurs constituent des références générales qu’il convient d’ajuster selon votre projet spécifique et vos objectifs de production thermique.

Différence entre inclinaison fixe et systèmes à tracker solaire

La majorité des installations résidentielles utilisent une inclinaison fixe, déterminée lors de la pose et maintenue constante toute l’année. Cette solution présente l’avantage d’être simple, fiable et sans entretien mécanique. À l’inverse, les systèmes à tracker solaire ajustent automatiquement l’angle d’inclinaison et parfois l’azimut pour suivre la trajectoire du soleil. Ces dispositifs motorisés peuvent augmenter la captation solaire de 20 à 35% selon les configurations, mais leur coût élevé, leur consommation électrique et leur maintenance régulière les rendent peu pertinents pour les installations domestiques de taille modeste.

Pour les installations de chauffe-eau solaire individuel (CESI) ou de système solaire combiné (SSC) résidentiels, l’inclinaison fixe reste la solution la plus appropriée. Les supports ajustables manuellement constituent un compromis intéressant : vous pouvez modifier l’angle deux fois par an, au printemps et à l’automne, pour optimiser la production estivale et hivernale. Cette approche simple augmente le

rendement annuel de plusieurs pourcents, tout en conservant une mécanique simple et peu coûteuse. Cette solution est particulièrement pertinente pour les capteurs posés au sol ou sur châssis en toiture-terrasse, où l’accès est aisé et sécurisé.

Impact de l’angle sur le rayonnement solaire incident et le rendement thermique

L’angle d’inclinaison conditionne directement le rayonnement solaire incident sur la surface du capteur. Plus le rayon du soleil arrive perpendiculairement au panneau, plus l’énergie transmise est importante. À l’inverse, lorsque le soleil “racle” le capteur avec un angle très faible, une partie significative du flux lumineux est réfléchie et perdue. On observe ainsi des différences de productible thermique pouvant dépasser 20% entre un capteur bien incliné et un autre mal positionné, à surface égale.

Pour un panneau solaire thermique, le rendement ne dépend pas uniquement de l’irradiation reçue, mais aussi de la température de fonctionnement. Or, un capteur qui reçoit plus de soleil en hiver permet de travailler à des températures de fluide plus élevées, donc de fournir une eau à 50–60°C plus régulièrement, même quand l’air extérieur est froid. En pratique, cela signifie que deux installations de même puissance, mais avec des angles d’inclinaison différents, n’offriront pas du tout la même couverture solaire annuelle pour votre eau chaude sanitaire ou votre chauffage d’appoint.

Relation entre l’inclinaison et la latitude géographique

La latitude géographique détermine la hauteur maximale du soleil dans le ciel au fil de l’année. Plus vous vous trouvez au nord, plus le soleil reste bas à l’horizon, en particulier en hiver. C’est pourquoi un capteur solaire thermique installé à Lille ne doit pas être incliné de la même façon qu’un capteur à Perpignan si l’on veut optimiser le rendement saisonnier. À titre indicatif, la France métropolitaine s’étend d’environ 42°N (Perpignan, Nice) à 51°N (Lille), ce qui représente déjà un écart significatif pour le dimensionnement solaire.

Une règle simple souvent utilisée par les thermiciens consiste à choisir un angle d’inclinaison proche de la latitude du lieu + 10° à 15° pour un système solaire combiné (SSC) orienté “hiver”, et proche de la latitude du lieu pour un simple chauffe-eau solaire individuel (CESI). Cette approche vise à privilégier les apports lorsque le soleil est bas, c’est-à-dire pendant la saison de chauffage, plutôt que d’optimiser la seule production estivale. Vous le voyez : on ne choisit pas le même angle pour un gisement solaire méditerranéen que pour un climat continental ou atlantique.

Calcul de l’angle d’inclinaison optimal selon la latitude française

Formule de calcul pour les régions méditerranéennes : marseille, nice et perpignan

Dans les régions méditerranéennes (latitude 42 à 44°N environ), comme Marseille, Nice ou Perpignan, le soleil est plus haut dans le ciel et l’ensoleillement annuel dépasse souvent 1 600 kWh/m².an. Pour un chauffe-eau solaire individuel (CESI) dont l’objectif est de couvrir 60 à 70% des besoins annuels en eau chaude, on privilégiera une inclinaison modérée, proche de la latitude : entre 35° et 45°. Concrètement, un capteur incliné à 40° plein sud à Perpignan offrira un excellent compromis entre hiver et été, sans risque excessif de surchauffe.

Pour un système solaire combiné (SSC) qui assure aussi un appoint au chauffage, il est judicieux d’augmenter l’angle d’inclinaison pour mieux capter le faible soleil d’hiver. Une formule courante consiste à choisir inclinaison = latitude + 10° à 15°. À Marseille (≈ 43°N), cela conduit à des angles compris entre 50° et 60°. Cet angle relativement fort permet d’exploiter au maximum le rayonnement hivernal tout en réduisant naturellement les apports solaires en été, ce qui limite les risques de surchauffe hydrauliques dans le circuit solaire.

Angle optimal pour la zone atlantique : bordeaux, nantes et la rochelle

Sur la façade atlantique (Bordeaux, Nantes, La Rochelle), l’ensoleillement est un peu moins généreux, mais mieux réparti sur l’année. La latitude oscille entre 45° et 47°N. Pour un CESI qui doit produire de l’eau chaude toute l’année, on retiendra en général un angle d’inclinaison de 40° à 50° selon le type de capteur (plan vitré ou tubes sous vide) et la pente de toiture disponible. Un toit à 35° sur Bordeaux, par exemple, reste tout à fait exploitable sans ajout de châssis de rehausse, les pertes restant modérées (quelques pourcents seulement) par rapport à l’optimum théorique.

Pour un SSC en zone atlantique, la recommandation des bureaux d’études thermiques est souvent d’augmenter légèrement l’angle pour privilégier le saison de chauffe, moins ensoleillée. Une formule simple peut être utilisée : inclinaison SSC = latitude + 10°. À Nantes (≈ 47°N), cela conduit à environ 55° d’inclinaison. Dans la pratique, on adoptera une plage de 50° à 60° en fonction des contraintes architecturales et de la surface de capteurs disponible. Plus l’inclinaison est forte, plus le système sera performant entre octobre et mars, au prix d’un léger déficit de production en plein été, souvent acceptable.

Paramètres d’inclinaison pour le nord de la france : lille, paris et strasbourg

Dans le nord et le nord-est de la France (Lille, Paris, Strasbourg), les latitudes se situent entre 48° et 51°N et les hivers sont plus longs et plus rigoureux. C’est précisément dans ces régions que le choix de l’inclinaison du panneau solaire thermique devient le plus stratégique. Pour un CESI, un angle compris entre 45° et 55° est généralement recommandé pour concilier de bons apports en mi-saison et limiter les pertes en hiver. À Paris, par exemple, un capteur incliné à 50° plein sud offrira une couverture solaire intéressante sur l’année pour une famille de 3 à 5 personnes.

Pour un SSC au nord de la Loire, la logique “hiver” s’impose encore davantage. Les bureaux d’étude adoptent fréquemment la règle inclinaison ≈ latitude + 15°. À Lille (≈ 51°N), on arrive ainsi à des angles de 60° à 65°. Vous visualisez la scène ? Vos capteurs solaires thermiques presque dressés face au soleil bas de décembre et janvier, comme une grande façade vitrée cherchant les derniers rayons. Ce choix maximise les apports pendant la saison de chauffage, période où chaque kilowattheure solaire permet d’économiser du gaz, du fioul ou des granulés.

Ajustements spécifiques pour les DOM-TOM et zones tropicales

Dans les DOM-TOM et les zones tropicales (Guadeloupe, Martinique, Réunion, Mayotte, Guyane), la latitude est nettement plus faible, souvent comprise entre 5° et 23°N. Le soleil s’y trouve haut dans le ciel une grande partie de l’année et la saisonnalité est moins marquée qu’en métropole. Résultat : pour un panneau solaire thermique en climat tropical, on privilégie en général des inclinaisons plus faibles, de l’ordre de 10° à 30°, avec une orientation sud, sud-est ou sud-ouest selon la topographie locale. Un capteur posé sur toiture peu pentue est donc souvent suffisant pour obtenir d’excellentes performances.

La priorité dans ces régions n’est pas tant de maximiser la production hivernale que de limiter les surchauffes estivales. C’est pourquoi on évite les inclinaisons trop fortes, qui augmenteraient exagérément le rayonnement en milieu de journée. Certaines installations utilisent même des solutions d’occultation partielle en saison chaude ou des volumes de ballon plus généreux pour absorber l’excès d’énergie. Là encore, un bureau d’étude local ou un installateur QualiSol habitué à ces climats vous aidera à ajuster précisément l’inclinaison et la surface de capteurs à vos besoins réels.

Variations saisonnières et ajustement de l’inclinaison selon l’usage

Angle d’été versus angle d’hiver pour maximiser la production d’eau chaude

Le soleil ne se comporte pas de la même façon en juillet et en janvier : l’été, il est haut dans le ciel et les journées sont longues ; l’hiver, il reste bas et la durée d’ensoleillement diminue. Pour un panneau solaire thermique, cela signifie qu’un angle “parfait” n’existe pas toute l’année. En théorie, l’angle optimal d’été se situe entre 10° et 20° dans la plupart des régions françaises, alors que l’angle optimal d’hiver grimpe autour de 60°. Vous comprenez mieux pourquoi on parle toujours de compromis annuel.

Sur les installations à supports réglables, certains utilisateurs choisissent de modifier l’inclinaison deux fois par an : on “couche” légèrement les capteurs au printemps pour mieux profiter du soleil haut de l’été, puis on les “redresse” à l’automne pour les aligner davantage sur la trajectoire hivernale du soleil. Ce réglage saisonnier peut apporter 5 à 10% de gain de productible, surtout sur les systèmes posés au sol ou sur châssis indépendants. En revanche, sur toiture en pente, la position est généralement fixe et le dimensionnement initial doit intégrer d’emblée ce compromis saisonnier.

Inclinaison spécifique pour le chauffage solaire combiné SSC

Le système solaire combiné (SSC) présente une particularité : il doit produire de l’eau chaude sanitaire toute l’année et fournir un appoint de chauffage surtout en hiver. Dans ce cas, les professionnels privilégient volontairement une inclinaison plus forte, comprise entre 50° et 60° en France métropolitaine, voire davantage dans le nord. Pourquoi ce choix ? Parce que la valeur ajoutée d’un SSC réside avant tout dans les kilowattheures économisés pendant la saison de chauffe, période où le coût de l’énergie conventionnelle est le plus sensible pour votre budget.

En adoptant une forte inclinaison, les capteurs “regardent” davantage le soleil d’hiver et beaucoup moins le soleil très haut de l’été. C’est un peu comme orienter les volets de votre maison : vous les ouvrez grand quand la lumière est rare, mais vous les fermez partiellement en plein été pour éviter la surchauffe. Cette stratégie est d’autant plus importante que la surface de capteurs d’un SSC est plus grande que celle d’un CESI. Une grande surface peu inclinée serait en effet très exposée aux surchauffes estivales, avec un risque accru de mise en sécurité du système et de vieillissement prématuré du fluide caloporteur.

Optimisation pour chauffe-eau solaire individuel CESI toute saison

Le chauffe-eau solaire individuel (CESI) a un profil d’usage plus simple : produire de l’eau chaude sanitaire de manière régulière sur toute l’année, pour des besoins relativement constants. L’enjeu est donc de lisser la production, sans chercher à sur-optimiser l’hiver au détriment de l’été. C’est pourquoi l’inclinaison recommandée pour un CESI se situe généralement entre 35° et 45° plein sud. Cet angle intermédiaire permet de limiter les variations de température du ballon, tout en assurant une bonne couverture solaire annuelle, souvent comprise entre 50 et 70% des besoins.

En pratique, si votre toiture présente déjà une pente de 30 à 40°, il est rarement pertinent de modifier cette inclinaison à grands frais. Les calculs de l’INES montrent que la différence de production annuelle entre 35° et 45° reste modérée, de l’ordre de quelques pourcents. Il est souvent plus judicieux de soigner l’absence d’ombres portées (arbres, cheminées, immeubles voisins) et la qualité du ballon solaire que de chercher l’angle “parfait” au degré près. Un installateur QualiSol saura vous proposer un schéma hydraulique adapté à votre foyer, plutôt que de vous imposer une architecture complexe pour gagner 2 ou 3% de productible.

Contraintes architecturales et techniques d’installation des panneaux thermiques

Adaptation sur toiture en pente : tuiles, ardoises et bac acier

L’intégration d’un panneau solaire thermique sur toiture en pente dépend fortement du type de couverture existante. Sur tuiles mécaniques ou tuiles canal, la pente varie généralement entre 20° et 45°. C’est une bonne nouvelle : cette plage couvre une grande partie des angles recommandés pour un CESI, et peut être optimisée par des kits de fixation spécifiques pour s’adapter aux dimensions des capteurs. Sur ardoises naturelles ou fibres-ciment, la pente est souvent plus importante (jusqu’à 45° ou plus), ce qui convient très bien aux SSC ou aux installations privilégiant la production hivernale.

Les toitures en bac acier, de plus en plus présentes sur les maisons contemporaines et les bâtiments annexes, offrent quant à elles une excellente base de fixation grâce à leurs profils rigides. Des systèmes de crochets et rails conçus pour ces couvertures permettent de fixer les panneaux en surimposition, en respectant l’étanchéité. Dans tous les cas, la règle d’or consiste à éviter les travaux lourds visant à changer artificiellement la pente du toit. Mieux vaut adapter le dimensionnement de l’installation à la pente existante, quitte à augmenter légèrement la surface de capteurs si l’angle n’est pas tout à fait optimal.

Solutions pour toiture-terrasse et pose en surimposition

Sur une toiture-terrasse, vous partez d’une page presque blanche : l’inclinaison initiale est proche de 0°, et il est donc indispensable d’utiliser des châssis métalliques inclinés pour positionner les capteurs solaires thermiques. L’avantage ? Vous pouvez choisir précisément l’angle et l’orientation, généralement entre 40° et 60° plein sud pour une installation en métropole. L’inconvénient réside dans la prise au vent et le lestage nécessaire pour garantir la stabilité de l’ensemble sans percer l’étanchéité du toit-terrasse.

Les systèmes de pose en surimposition sur toiture-terrasse reposent souvent sur des consoles lestées ou des cadres ancrés dans la structure porteuse. Vous devez veiller à respecter la charge admissible de la dalle (poids des capteurs + ballast) et à maintenir un espacement suffisant entre les rangées de capteurs pour éviter l’auto-ombrage. Comme pour une rangée de sièges dans un cinéma, il faut que chaque panneau “voie” le soleil sans être masqué par celui placé devant lui. Un bureau d’étude structure ou un installateur expérimenté vous aidera à valider ces points avant la pose.

Systèmes de fixation ajustables viessmann, vaillant et de dietrich

Les principaux fabricants de solutions solaires thermiques, comme Viessmann, Vaillant ou De Dietrich, proposent des gammes complètes de systèmes de fixation ajustables. Ces kits sont spécifiquement conçus pour leurs capteurs plans vitrés ou tubes sous vide, et permettent d’adapter l’inclinaison à la configuration de votre toiture. On trouve par exemple des châssis pour toiture plate réglables par pas de 5°, des consoles murales inclinées pour façade sud, ou encore des kits de rehausse pour augmenter l’angle d’un capteur installé sur un toit à faible pente.

L’intérêt de ces systèmes “catalogue” est double : d’une part, ils garantissent la compatibilité mécanique et la résistance au vent validée par le fabricant ; d’autre part, ils simplifient le travail de l’installateur en évitant les structures artisanales parfois mal dimensionnées. Vous souhaitez par exemple installer un SSC avec une inclinaison de 60° sur une toiture-terrasse ? Un kit châssis dédié Viessmann ou Vaillant offrira bien souvent un meilleur compromis entre robustesse, esthétique et coût que des supports sur-mesure. N’hésitez pas à demander à votre professionnel de vous présenter les fiches techniques de ces systèmes lors de l’étude de votre projet.

Intégration au bâti IAB et contraintes PLU des bâtiments de france

L’intégration au bâti (IAB) des panneaux solaires thermiques consiste à remplacer une partie de la couverture de toiture par les capteurs eux-mêmes, qui assurent alors à la fois la fonction de production d’énergie et d’étanchéité. Cette solution est souvent privilégiée sur les constructions neuves pour des raisons esthétiques et architecturales. Elle impose toutefois de respecter la pente minimale recommandée par le fabricant pour garantir l’écoulement des eaux et éviter les infiltrations, ce qui limite parfois les ajustements fins d’inclinaison.

Dans les secteurs sauvegardés ou les zones soumises à l’avis des Architectes des Bâtiments de France (ABF), le Plan Local d’Urbanisme (PLU) peut restreindre l’implantation et la visibilité des capteurs solaires en toiture. Orientation imposée, interdiction côté rue, couleur des châssis… autant de paramètres à intégrer dès la phase de conception. Dans ces cas, il est parfois plus simple d’opter pour une pose sur un pan de toiture secondaire, sur un bâtiment annexe, ou en toiture-terrasse peu visible depuis l’espace public. La clé consiste à trouver un compromis entre optimisation énergétique et intégration paysagère, en concertation avec les services d’urbanisme.

Performance énergétique selon l’inclinaison : données techniques et mesures

Coefficient de correction angulaire et pertes par réflexion

Du point de vue purement technique, l’inclinaison du panneau solaire thermique influe sur ce que l’on appelle le coefficient de correction angulaire (ou Kθ). Ce coefficient traduit les pertes par réflexion lorsque le rayonnement solaire n’arrive pas perpendiculairement au vitrage du capteur. Plus l’angle d’incidence est grand, plus une partie du flux est réfléchie, un peu comme la lumière qui rebondit sur la surface d’un lac au coucher du soleil. Les fiches techniques des capteurs certifiés indiquent souvent les valeurs de Kθ pour différents angles d’incidence, ce qui permet de simuler précisément les performances en conditions réelles.

En pratique, un panneau solaire thermique bien incliné réduira ces pertes par réflexion pendant les heures les plus productives de la journée. Par exemple, pour un capteur plan vitré, l’INES montre qu’un mauvais alignement peut se traduire par 5 à 10% de pertes supplémentaires en énergie utile sur l’année. Sur un SSC de 12 à 20 m², ce pourcentage représente plusieurs centaines de kilowattheures de chaleur, soit l’équivalent de dizaines de litres de fioul ou de centaines de kWh électriques économisés. L’angle n’est donc pas un simple détail géométrique : il conditionne directement votre facture d’énergie.

Mesure du rendement optique avec la norme EN 12975

Les performances des capteurs solaires thermiques sont mesurées selon la norme européenne EN 12975 (remplacée progressivement par la série EN ISO 9806). Cette norme définit notamment le rendement optique0) du capteur, c’est-à-dire sa capacité à convertir le rayonnement solaire en chaleur à température de fonctionnement faible. Les essais sont réalisés sur banc de test en laboratoire, avec un angle d’incidence du rayonnement bien maîtrisé, généralement autour de la perpendiculaire au capteur pour limiter les erreurs de mesure liées à l’inclinaison.

Ces valeurs de rendement optique sont ensuite utilisées dans les logiciels de simulation pour prédire la performance annuelle de votre installation, en tenant compte de l’orientation et de l’inclinaison réelles. Concrètement, un capteur de bonne qualité affichera un η0 entre 0,75 et 0,85, mais ce chiffre n’a de sens que si le panneau est bien “pointé” vers le soleil. Un peu comme la puissance d’un projecteur, un bon rendement optique mal orienté ne donnera jamais le résultat attendu. D’où l’importance de combiner matériel certifié et étude d’implantation sérieuse.

Simulation sous logiciel SOLO et TRNSYS pour validation thermique

Pour valider le dimensionnement et l’inclinaison d’un panneau solaire thermique, les bureaux d’étude et installateurs expérimentés s’appuient sur des logiciels de simulation comme SOLO, TRNSYS ou Polysun. Ces outils permettent de modéliser finement les apports solaires heure par heure sur une année entière, en fonction de la latitude, du climat local (données météorologiques de type Meteonorm), de l’orientation et de l’inclinaison des capteurs. Ils intègrent aussi les caractéristiques techniques précises des capteurs et des ballons, issues des certificats EN 12975 / Solar Keymark.

Grâce à ces simulations, il est possible de comparer plusieurs scénarios : un CESI à 35° versus 45°, un SSC à 50° versus 60°, ou encore une pose sur mur vertical par rapport à une toiture à faible pente. Les écarts de productible sont alors quantifiés en kWh/an, ce qui vous permet de juger très concrètement de l’intérêt (ou non) de modifier l’inclinaison envisagée. Vous hésitez à investir dans un châssis de rehausse ? Une simulation TRNSYS vous montrera si le gain énergétique justifie le surcoût. Cette approche rationnelle remplace avantageusement les règles empiriques et les approximations.

Erreurs d’installation et recommandations des professionnels QualiSol

Les retours terrain des professionnels labellisés QualiSol mettent en évidence plusieurs erreurs récurrentes liées à l’inclinaison des panneaux solaires thermiques. La première consiste à caler systématiquement la pose sur la pente existante du toit, sans vérifier si cette inclinaison est adaptée à l’usage (CESI ou SSC) et à la région. Résultat : des capteurs trop “couchés” en climat froid, peu performants en hiver, ou au contraire trop “dressés” en climat méditerranéen, entraînant des surchauffes estivales. Une autre erreur fréquente est de négliger l’ombre portée en hiver : un capteur bien placé pour le soleil de juin peut se retrouver à moitié masqué par un arbre ou un pignon en décembre.

Les recommandations des installateurs QualiSol convergent sur quelques bonnes pratiques simples : toujours vérifier la latitude et le climat local avant de choisir l’angle, privilégier 45° pour un CESI en métropole quand la toiture le permet, et viser 55 à 60° pour un SSC afin d’optimiser le chauffage d’appoint en hiver. Ils insistent également sur la nécessité de réaliser une étude d’ombres (rosace solaire, photo héliodon, relevés sur site) afin d’écarter les obstacles gênants, même ponctuels, en matinée ou en fin de journée. Enfin, ils recommandent d’utiliser les systèmes de fixation certifiés des fabricants plutôt que des structures improvisées, pour garantir à la fois la bonne inclinaison, la tenue au vent et la pérennité de l’installation.

En résumé, un panneau solaire thermique bien incliné n’est ni un hasard ni un simple choix esthétique : c’est le résultat d’un calcul, d’une adaptation à votre maison et d’un dialogue avec un professionnel compétent. En prenant le temps de définir cet angle avec précision, vous sécurisez votre investissement et vous vous donnez toutes les chances d’atteindre les niveaux d’économies annoncés, que ce soit pour un simple chauffe-eau solaire ou pour un système solaire combiné plus ambitieux.