# Guide complet pour la fabrication d’un panneau solaire thermique maison
La fabrication artisanale d’un panneau solaire thermique représente une alternative séduisante pour les bricoleurs avertis souhaitant réduire leur empreinte énergétique tout en maîtrisant leur budget. Cette démarche d’autoconstruction s’inscrit dans une logique d’autonomie énergétique et permet de comprendre intimement le fonctionnement des systèmes de captation solaire. Toutefois, avant de se lancer dans ce projet ambitieux, il convient d’évaluer précisément les enjeux techniques, les contraintes matérielles et la rentabilité réelle d’une telle entreprise. La question centrale reste de savoir si l’investissement en temps et en compétences justifie les économies potentielles par rapport à l’acquisition de capteurs industriels, dont les prix ont considérablement baissé ces dernières années.
Principes thermodynamiques du capteur solaire à eau et coefficient de performance
Le fonctionnement d’un panneau solaire thermique repose sur trois phénomènes physiques complémentaires qui optimisent la conversion du rayonnement solaire en énergie thermique exploitable. Cette compréhension théorique est essentielle avant d’envisager toute fabrication artisanale, car elle conditionne directement les choix de conception et de matériaux. L’efficacité d’un capteur thermique dépend de sa capacité à maximiser l’absorption du rayonnement tout en minimisant les pertes thermiques vers l’environnement extérieur.
Effet de serre et absorption du rayonnement infrarouge dans le collecteur vitré
L’effet de serre constitue le principe fondamental des capteurs solaires thermiques vitrés. Lorsque le rayonnement solaire traverse le vitrage transparent, il atteint l’absorbeur noir qui le convertit en chaleur. Cette chaleur est ensuite réémise sous forme de rayonnement infrarouge à grande longueur d’onde, que le verre ne laisse pas repasser. Ce piégeage des infrarouges crée une accumulation de chaleur à l’intérieur du capteur, permettant d’atteindre des températures nettement supérieures à la température ambiante, même par temps modérément ensoleillé. Le vitrage agit donc comme une membrane sélective qui laisse entrer l’énergie mais l’empêche de ressortir.
La qualité du vitrage influence directement ce phénomène. Un verre ordinaire absorbe une partie significative du rayonnement solaire, réduisant ainsi l’énergie disponible pour l’absorbeur. C’est pourquoi les fabricants professionnels utilisent du verre à faible teneur en fer, offrant une transmission solaire supérieure à 91%, contre environ 84% pour un verre standard. Cette différence de 7 points peut paraître minime, mais elle se traduit par une amélioration notable du rendement global du capteur, particulièrement visible lors des journées à faible ensoleillement.
Calcul du rendement thermique selon la norme EN 12975
Le rendement d’un capteur solaire thermique se calcule selon la norme européenne EN 12975, qui définit les conditions d’essai standardisées. Cette norme permet de comparer objectivement les performances de différents modèles. Le rendement instantané d’un capteur s’exprime par l’équation : η = η₀ – a₁(Tm-Ta)/G – a₂(Tm-Ta)²/G, où η₀ représente le rendement optique (typiquement 0,75 à 0,85 pour un capteur plan vitré), a₁ le coefficient de déperdition thermique linéaire et a₂ le coefficient de déperdition quadratique. Ces coefficients quantifient la capacité du capteur à conserver la chaleur captée.
Concrètement, plus l’écart entre la température moyenne du fluide dans le capteur (Tm) et la température extérieure (Ta) est élevé, plus les pertes augmentent et plus le rendement chute. À l’inverse, pour un même niveau de rayonnement solaire G (en W/m²), un capteur bien isolé avec des coefficients a₁ et a₂ faibles conservera une bonne efficacité même par temps froid. Lors de votre projet de panneau solaire thermique maison, vous ne réaliserez pas de test complet EN 12975, mais comprendre cette relation vous aide à viser des choix de conception (isolation, vitrage, qualité de l’absorbeur) qui se rapprochent des meilleures pratiques industrielles.
Différence entre capteur plan vitré et capteur à tubes sous vide
Deux grandes familles de capteurs dominent le marché : les capteurs plans vitrés et les capteurs à tubes sous vide. Le capteur plan vitré est constitué d’une boîte isolée, d’une plaque absorbante noire traversée par un serpentin de cuivre et d’un vitrage en verre trempé. Il est simple, robuste, relativement économique et parfaitement adapté à la production d’eau chaude sanitaire et au chauffage d’appoint dans la plupart des régions tempérées.
Le capteur à tubes sous vide, lui, repose sur une série de tubes cylindriques en verre, dans lesquels l’absorbeur est placé sous vide partiel. Ce vide joue le rôle d’isolant quasi parfait, limitant drastiquement les pertes thermiques par convection. Résultat : ces capteurs conservent un bon rendement même quand le capteur fonctionne à haute température ou par températures extérieures très basses. Ils sont donc particulièrement intéressants pour les zones froides, les applications de chauffage haute température ou les installations avec longue distance entre capteurs et ballon.
En contrepartie, les tubes sous vide sont plus coûteux, plus sensibles aux chocs et parfois plus délicats à intégrer esthétiquement sur une toiture. Pour une autoconstruction de panneau solaire thermique maison, un capteur plan vitré reste de loin la solution la plus réaliste : les matériaux sont plus faciles à trouver, les contraintes mécaniques mieux maîtrisées et la fabrication accessible à un bon bricoleur. Les tubes sous vide, eux, seront plutôt achetés « prêts à poser » si vous choisissez cette technologie.
Coefficients de déperdition thermique a1 et a2 pour l’optimisation
Les coefficients a₁ et a₂ de la norme EN 12975 traduisent physiquement les pertes de chaleur du capteur vers l’extérieur. Le coefficient a₁ (W/m²·K) représente les pertes linéaires, essentiellement dues à la convection et à la conduction à travers l’isolant et le vitrage. Le coefficient a₂ (W/m²·K²) traduit, lui, les pertes radiatives qui augmentent fortement quand la température de l’absorbeur monte. Un bon capteur plan vitré affiche typiquement a₁ entre 2 et 4 W/m²·K et a₂ inférieur à 0,02 W/m²·K².
Comment cette notion vous aide-t-elle concrètement en autoconstruction ? En gardant un objectif simple : tout ce qui réduit les fuites de chaleur abaissera vos « a₁ » et « a₂ » artisanaux. Une couche d’isolant plus épaisse à l’arrière, une laine de roche bien jointive sur les côtés, un vitrage de qualité correctement posé avec des joints performants, un caisson étanche à l’air : chaque détail compte. À l’inverse, un panneau mal isolé, avec de nombreux ponts thermiques et des fuites d’air, présentera des déperditions importantes, limitant son efficacité dès que l’écart de température capteur/extérieur augmente.
En résumé, même si vous ne mesurez jamais formellement vos coefficients, vous pouvez raisonner en termes de « chasse aux pertes » dès la phase de conception. Posez-vous systématiquement la question : « Par où ma chaleur peut-elle s’échapper ? » et renforcez le panneau solaire thermique là où les pertes sont les plus probables.
Matériaux et composants nécessaires pour l’assemblage du panneau thermique
Après la théorie, place au concret : quels matériaux choisir pour fabriquer un panneau solaire thermique performant et durable ? La qualité de votre capteur maison dépendra en grande partie du trio absorbeur/vitrage/isolation, ainsi que des tubes et raccords qui transporteront le fluide caloporteur. Votre objectif est de maximiser la conduction de chaleur entre le soleil et le fluide, tout en minimisant les pertes vers l’extérieur et les risques de corrosion ou de fuite dans le temps.
Absorbeur en cuivre versus aluminium : conductivité et coefficient d’absorption
L’absorbeur est le cœur thermique de votre panneau solaire thermique. Il doit à la fois bien capter le rayonnement solaire (coefficient d’absorption élevé, idéalement > 0,9) et bien conduire la chaleur vers le fluide circulant dans les tubes. Le cuivre est historiquement le matériau de référence : sa conductivité thermique est de l’ordre de 380 à 400 W/m·K, sa mise en œuvre par brasage est maîtrisée et il résiste bien à la pression et à la température. C’est la solution la plus recommandée pour un panneau solaire thermique à eau fait maison.
L’aluminium, de son côté, offre une conductivité thermique comparable (environ 200 à 230 W/m·K), un poids plus léger et un coût souvent inférieur. En revanche, il est plus délicat à souder avec du cuivre, et il se corrode plus facilement en présence d’eau et de certains antigels. De nombreux capteurs industriels utilisent un absorbeur aluminium-cuivre soudé en usine par des procédés spécialisés (roll-bond, ultrasons), difficilement reproductibles en atelier de bricolage. Pour l’autoconstruction, on réserve généralement l’aluminium à la simple plaque support, avec des tubes en cuivre brasés par-dessus.
Dans la pratique, pour optimiser votre panneau solaire thermique maison, la solution la plus simple et efficace consiste à utiliser une plaque fine (0,5 à 0,8 mm) en cuivre ou aluminium bien plane, sur laquelle vous venez souder ou sertir un serpentin de tubes en cuivre de 10 à 16 mm de diamètre extérieur. La surface de la plaque doit être recouverte d’un revêtement noir mat, de préférence « sélectif », pour maximiser l’absorption et limiter l’émissivité infrarouge.
Sélection du vitrage : verre trempé low-iron à transmission solaire élevée
Le vitrage de votre panneau solaire thermique joue un double rôle : laisser passer un maximum de lumière et réduire les pertes par convection tout en assurant la résistance mécanique aux chocs (grêle, branches, dilatations). Le verre trempé de 3 à 4 mm d’épaisseur est l’option la plus courante pour un capteur thermique performant. Il est quatre à cinq fois plus résistant qu’un verre recuit classique et se fragmente en petits morceaux non coupants en cas de casse.
Pour optimiser le rendement, on privilégie un verre « low-iron » (à faible teneur en fer), reconnaissable à sa teinte très neutre, presque incolore sur la tranche. Ce type de verre offre une transmission solaire pouvant dépasser 91 % dans le visible, là où un verre standard tourne autour de 84–88 %. Sur 20 ou 30 ans de fonctionnement d’un panneau solaire thermique, ce gain se traduit par des dizaines de kWh supplémentaires par mètre carré et par an, surtout en mi-saison.
Dans une optique de fabrication maison à moindre coût, vous pouvez bien sûr réutiliser un vitrage standard ou même un panneau polycarbonate alvéolaire. Cependant, ce compromis se paiera par un rendement plus faible et une durée de vie parfois limitée (UV, jaunissement, dilatations). Si votre budget le permet, investir dans un verre trempé low-iron reste l’un des meilleurs leviers de performance pour votre capteur solaire thermique DIY.
Isolants haute température : laine de roche, polyuréthane et aérogel
L’isolant placé à l’arrière et sur les côtés du panneau solaire thermique a pour mission de limiter les pertes par conduction et convection vers la charpente ou l’environnement extérieur. Les températures pouvant dépasser 150 °C en stagnation, tous les matériaux ne conviennent pas. La laine de roche haute densité est généralement le meilleur compromis pour un panneau solaire thermique maison : non combustible, stable jusqu’à 300–400 °C, bon marché et facile à découper.
Les panneaux de polyuréthane (PUR) ou polyisocyanurate (PIR) offrent une conductivité thermique très faible (λ ≈ 0,023 W/m·K) et donc d’excellentes performances d’isolation pour des épaisseurs réduites. En revanche, ces mousses sont plus sensibles à la chaleur et au feu, ce qui impose de bien vérifier leur température maximale d’utilisation et de les protéger des points chauds. On les réservera plutôt aux zones moins exposées ou en complément de la laine de roche.
Pour les passionnés de performance, des solutions d’isolation avancées comme les aérogels de silice existent, avec des conductivités encore plus faibles. Leur coût reste toutefois prohibitif pour un panneau solaire thermique maison. Mieux vaut, dans la plupart des cas, augmenter simplement l’épaisseur de laine de roche (par exemple 6 à 10 cm) et veiller à la continuité de l’isolant, ce qui vous rapprochera déjà des meilleurs capteurs plans du marché.
Tubes et raccords hydrauliques en cuivre pour le circuit caloporteur
Le fluide caloporteur (eau ou mélange eau-glycol) circule dans un réseau de tubes en cuivre qui serpentent sous l’absorbeur. Le cuivre est ici incontournable : excellente conductivité thermique, tenue à la pression, facilité de brasage, compatibilité avec les antigels et la plupart des matériaux de plomberie. Les diamètres les plus utilisés pour les capteurs artisanaux se situent entre 10 et 16 mm, en fonction de la surface du panneau solaire thermique et du débit souhaité.
On distingue deux géométries principales de réseau : le serpentin (un seul tube qui parcourt toute la surface en aller-retour) et le réseau en échelle (collecteurs horizontaux et tubes verticaux). Le serpentin est plus simple à réaliser mais génère des pertes de charge plus élevées ; l’échelle permet une meilleure répartition des débits et une température plus homogène, au prix de plus de soudures. Dans les deux cas, privilégiez des coudes lisses et évitez les angles trop serrés qui augmentent les pertes de charge et compliquent la purge de l’air.
Les raccords utilisés (coudes, tés, manchons) doivent être en cuivre ou laiton compatible, assemblés de préférence par brasage fort (brasure à l’argent ou au cuivre-phosphore) pour garantir une tenue mécanique et une étanchéité durables. L’étain-plomb, courant dans la plomberie domestique, n’est pas adapté aux températures élevées d’un panneau solaire thermique, notamment en stagnation.
Peinture sélective noire ou revêtement de chrome noir pour l’absorbeur
La surface de l’absorbeur d’un panneau solaire thermique doit présenter un coefficient d’absorption solaire élevé et une faible émissivité infrarouge. C’est le rôle des revêtements dits « sélectifs » (chrome noir, nickel noir, oxyde de titane, etc.), déposés industriellement en couches minces. Ces traitements permettent d’atteindre des absorptions supérieures à 95 % avec une émissivité parfois inférieure à 10 %, ce qui améliore nettement le rendement, surtout quand le capteur fonctionne à haute température.
Dans le cadre d’une fabrication maison, vous n’aurez pas accès facilement à ces procédés industriels, mais vous pouvez vous en approcher. Des peintures noires haute température spéciales pour capteurs solaires existent sur le marché, avec une bonne tenue aux UV et une émissivité relativement limitée. À défaut, une peinture noire mate haute température pour poêle ou barbecue fera l’affaire, en gardant en tête qu’elle sera moins performante qu’un revêtement sélectif professionnel.
Lors de l’application, veillez à ce que la surface de la plaque absorbeuse soit parfaitement dégraissée et légèrement rugosée pour une bonne accroche. Plusieurs couches fines sont préférables à une couche épaisse, qui risquerait de se craqueler sous l’effet des dilatations thermiques. Un bon revêtement, même artisanal, peut faire la différence de plusieurs dizaines de kWh par an pour un panneau solaire thermique de quelques mètres carrés.
Fabrication étape par étape du collecteur solaire thermique
Une fois les matériaux sélectionnés, il est temps de passer au montage du collecteur, c’est-à-dire l’ensemble caisson isolé + absorbeur + vitrage. On peut voir ce collecteur comme un « four solaire » plat, optimisé pour transférer sa chaleur non pas à l’air, mais à l’eau qui circule dans les tubes. En suivant les étapes ci-dessous avec rigueur, vous obtiendrez un panneau solaire thermique maison robuste, performant et facilement intégrable sur votre toiture ou en façade.
Dimensionnement et conception du caisson isolé selon la surface disponible
Le dimensionnement du caisson dépend à la fois de la surface disponible sur votre toit ou votre mur, et de vos besoins en eau chaude. En règle générale, on compte entre 1 et 1,5 m² de capteur solaire thermique par personne pour couvrir 50 à 70 % des besoins annuels en eau chaude sanitaire. Plutôt que de fabriquer un seul grand panneau, il est souvent plus judicieux de réaliser deux ou trois capteurs de 1,5 à 2 m² chacun : ils seront plus faciles à manipuler, à fixer et à entretenir.
Le caisson peut être réalisé en bois (contreplaqué marine, OSB traité, chevrons), en aluminium ou en acier galvanisé. Le bois est plus simple à travailler en autoconstruction, mais il devra être correctement protégé contre l’humidité et les UV (lasure, peinture, bardage). L’épaisseur du caisson doit permettre d’accueillir à la fois l’isolant (6 à 10 cm) et le réseau de tubes, tout en laissant un espace d’air suffisant sous le vitrage pour éviter un contact direct avec l’absorbeur.
Pensez dès la conception à l’orientation et à l’inclinaison de vos futurs panneaux solaires thermiques. Une inclinaison de 30 à 45° plein sud est idéale dans la plupart des régions françaises. Prévoyez aussi les points de fixation (pattes, rails, crochets de toiture) et les passages de tuyaux pour le fluide caloporteur. Un schéma précis à l’échelle, même tracé à la main, vous évitera bien des erreurs lors de la découpe et de l’assemblage.
Soudure du serpentin en cuivre et fixation sur la plaque absorbante
Le montage hydraulique est une étape clé de la fabrication du panneau solaire thermique. Commencez par définir le tracé de votre serpentin ou de votre réseau en échelle sur la plaque absorbante, en respectant une distance régulière entre les tubes (généralement 8 à 12 cm). Plus les tubes sont rapprochés, plus la répartition de la chaleur sera homogène, mais plus la quantité de cuivre (et donc le coût) augmentera.
Coupez et préformez les tubes en cuivre avec un cintreur adapté pour éviter les plis et les étranglements. Assemblez ensuite les éléments par brasage fort : chauffez le tube et le raccord avec un chalumeau (propane ou oxyacétylénique) jusqu’à la température de fusion de la brasure, puis laissez le métal d’apport pénétrer par capillarité. Travaillez dans un environnement ventilé et respectez strictement les consignes de sécurité, car les températures en jeu sont élevées.
Une fois le réseau soudé, fixez-le solidement sur la plaque absorbante. On peut utiliser des colliers métalliques, des cavaliers en cuivre ou un léger cordon de brasure entre tube et plaque pour améliorer le contact thermique. Certains auto-constructeurs appliquent également une fine couche de pâte thermique (comme pour les processeurs d’ordinateur) entre le tube et la plaque pour réduire la résistance de contact. Avant de poursuivre, procédez à un test d’étanchéité sous pression (eau ou air comprimé) pour vérifier l’absence de fuites.
Application du traitement de surface sélectif sur l’absorbeur
Lorsque le réseau de tubes est fixé sur la plaque, vient l’étape de la mise en peinture ou de l’application du revêtement. Si vous avez accès à une peinture sélective spécifique pour capteurs solaires, suivez scrupuleusement les préconisations du fabricant (température, préparation de surface, nombre de couches). Dans la plupart des cas, vous utiliserez une peinture noire mate haute température en aérosol ou au pistolet.
Dégraissez soigneusement l’ensemble plaque + tubes (acétone, alcool) puis poncez légèrement pour favoriser l’accroche. Appliquez plusieurs couches fines et uniformes, en veillant à bien recouvrir toutes les zones visibles de l’absorbeur. Évitez les surépaisseurs de peinture au niveau des raccords et des soudures, qui pourraient fissurer avec les dilatations. Laissez sécher complètement entre chaque couche et avant la mise en place dans le caisson.
Gardez à l’esprit que ce revêtement sera soumis à rude épreuve : cycles thermiques quotidiens, forte chaleur, UV. Un soin particulier à cette étape prolonge la durée de vie de votre panneau solaire thermique maison et limite les pertes de performance liées au ternissement ou au décollement de la peinture au fil des années.
Assemblage du vitrage avec joints EPDM et étanchéité périphérique
La dernière étape de la fabrication du collecteur consiste à refermer le caisson par le vitrage. Avant cela, placez l’isolant (laine de roche, PUR) au fond du caisson, puis posez l’absorbeur par-dessus, en laissant un espace d’air de quelques centimètres entre la surface peinte et le futur verre. Fixez l’absorbeur aux montants du caisson pour éviter tout mouvement en cas de choc ou de dilatation.
Pour poser le vitrage, utilisez des profils de maintien (tasseaux bois, cornières aluminium) et des joints en EPDM ou silicone haute température. Ces joints assurent l’étanchéité à l’air et à l’eau, tout en permettant la dilatation différentielle entre le verre, le cadre et l’absorbeur. Un joint continu sur tout le pourtour limite les infiltrations d’humidité qui pourraient dégrader l’isolant et favoriser la corrosion interne du panneau solaire thermique.
Terminez par un contrôle visuel et un test simple : aspergez le vitrage et les bords du caisson à l’eau pour vérifier l’absence de fuite. Une fois le collecteur validé, vous pouvez passer à l’installation sur site et au raccordement hydraulique. Votre panneau solaire thermique maison est désormais prêt à être intégré dans un véritable système de production d’eau chaude autonome.
Installation du système de circulation et du ballon de stockage thermique
Un panneau solaire thermique, aussi performant soit-il, ne sert à rien sans un système de circulation et un ballon de stockage adaptés. C’est l’ensemble de ces éléments qui forme le « système solaire thermique » : capteurs, ballon solaire, pompe de circulation, régulation, soupapes de sécurité et éventuellement appoint (électrique, gaz ou autre). L’objectif est de transférer la chaleur captée vers l’eau sanitaire en toute sécurité, avec un pilotage intelligent.
Dans une configuration dite « à éléments séparés », la plus courante, vos capteurs solaires thermiques maison sont placés en toiture ou en façade, tandis que le ballon solaire (200 à 300 litres pour une famille de 3 à 4 personnes) se trouve à l’intérieur de la maison, idéalement près du point de consommation principal (salle de bains, cuisine). Le fluide caloporteur circule entre les capteurs et l’échangeur du ballon grâce à un circulateur électrique piloté par une régulation différentielle.
Cette régulation compare en permanence la température en sortie de capteur à celle du bas du ballon. Dès que l’écart dépasse un seuil (par exemple 6 à 8 °C), elle met en marche la pompe, ce qui permet de transférer la chaleur. Quand l’écart devient trop faible, elle coupe la circulation pour éviter de refroidir le ballon. Cette logique simple, mais efficace, garantit un fonctionnement optimal du panneau solaire thermique maison sans gaspiller d’énergie électrique inutilement.
Dimensionnement du circuit hydraulique et calcul du débit optimal du fluide caloporteur
Un paramètre trop souvent négligé en autoconstruction est le débit du fluide caloporteur dans les capteurs. Un débit trop faible entraîne une élévation excessive de la température dans le panneau solaire thermique, augmentant les pertes et le risque de stagnation ; un débit trop élevé réduit la température de sortie et augmente inutilement la consommation du circulateur. Il s’agit donc de trouver un compromis, comme le débit optimal dans un radiateur de chauffage.
On vise généralement, pour un capteur plan, un débit de l’ordre de 30 à 50 l/h·m² de capteur. Ainsi, pour un champ de 4 m² de panneaux solaires thermiques, un débit total compris entre 120 et 200 l/h sera adapté. Ce débit peut être ajusté avec des vannes de réglage et des débitmètres lors de la mise en service. Une fois la valeur optimale trouvée, on la laisse fixe et on laisse la régulation décider simplement du moment où la pompe doit fonctionner.
Le dimensionnement des diamètres de tubes et du circulateur se fait ensuite en fonction de ce débit et de la longueur de circuit. Plus le circuit est long et complexe (coudes, montées, descentes), plus les pertes de charge augmentent et plus il faudra un circulateur puissant. Pour un panneau solaire thermique maison de quelques mètres carrés sur une maison individuelle, un petit circulateur de type chauffage basse consommation suffit généralement, tant que l’on respecte des diamètres de tube suffisants (16 à 20 mm) entre le local technique et les capteurs.
Maintenance préventive et diagnostic des dysfonctionnements du panneau solaire thermique
Comme tout système technique, un panneau solaire thermique exige un minimum de maintenance pour rester performant pendant 20 à 30 ans. La bonne nouvelle, c’est que ces opérations sont relativement simples et peu fréquentes. Un contrôle annuel visuel et quelques vérifications ciblées suffisent à anticiper la plupart des problèmes avant qu’ils ne se transforment en pannes coûteuses.
Commencez par inspecter les capteurs : état du vitrage (casse, microfissures, opacification), propreté de la surface (dépôts, feuilles, mousses) et intégrité des joints périphériques. Un nettoyage doux à l’eau claire et à l’éponge une fois par an, en évitant les détergents agressifs, permet de maintenir un bon niveau de transmission solaire. Profitez-en pour vérifier la fixation mécanique du panneau solaire thermique, en particulier après des épisodes de vent fort ou de grêle.
Côté hydraulique, surveillez la pression du circuit solaire (si vous utilisez un mélange eau-glycol sous pression), le niveau de fluide et l’absence de fuites au niveau des raccords. Le glycol se dégrade avec le temps sous l’effet des hautes températures : un remplacement tous les 5 à 8 ans est souvent recommandé. Des bruits anormaux dans le circulateur, des bulles d’air récurrentes ou une baisse de performance peuvent signaler la présence d’air dans le circuit ou un début d’encrassement de l’échangeur du ballon.
Enfin, fiez-vous aussi à un indicateur simple : la température. Si, par une journée ensoleillée, votre panneau solaire thermique ne parvient plus à monter en température comme avant, ou si le ballon reste tiède malgré un bon ensoleillement, c’est le signe qu’un diagnostic plus poussé s’impose. Une sonde défaillante, une pompe bloquée, un isolant détérioré ou une fuite de fluide peuvent être en cause. Mieux vaut intervenir rapidement, car un capteur qui surchauffe régulièrement sans circulation accélère le vieillissement de tous les composants.
En combinant une conception soignée, des matériaux adaptés et une maintenance préventive raisonnable, un panneau solaire thermique maison peut vous fournir, pendant de longues années, une fraction significative de vos besoins en eau chaude, tout en vous donnant la satisfaction d’avoir construit vous-même une véritable installation solaire performante.